La quasi-totalité des lycées algériens sont le théâtre d'un mouvement de protestation sans précédent.
Après les grèves nationales des 15 et 16 janvier, organisées par les syndicats autonomes, qui avaient paralysé l'administration et le secteur éducatif, les lycéens d'Algérie sont descendus dans la rue pour dénoncer la surcharge des programmes dont ils réclament l'allégement en vue des examens du baccalauréat 2008. Confiné initialement à quelques lycées d'Alger, le mouvement a pris de l'ampleur en touchant la quasi-totalité des grandes villes algériennes. Oran, Belabbes, Constantine, Tizi Ouzou, Bejaia, Blida, Médéa, Annaba, Sétif, Guelma, Jijel... ont été le théâtre d'imposantes manifestations lycéennes.
Dimanche, des milliers d'élèves des terminales de 17 lycées d'Alger ont occupé le centre de la capitale algérienne. Un important dispositif policier les a empêchés de se diriger vers le siège du ministère de l'Éducation nationale. « Nous refusons d'être des cobayes ! », « Benbouzid (le ministre de l'Éducation) au piquet ! » scandaient les lycéens. Si, à Alger, la manifestation lycéenne s'est déroulée dans le calme, à Oran, l'arrestation musclée d'un délégué lycéen a failli tourner aux affrontements. À Constantine, des heurts sans gravité ont opposé des lycéens qui se dirigeaient vers le siège de l'académie et des policiers.
Le mouvement des lycéens a quelque peu pris de court des autorités algériennes qui ne savent pas comment le désamorcer. En insinuant que ce mouvement qui, de l'avis général, bénéficie du soutien de la population, est manipulé par certains groupes politiques, le ministre algérien de l'Éducation nationale , Boubekeur Benbouzid, n'a fait que raviver la colère des lycéens. Communiquant par portables, les délégués des lycéens algériens sont parvenus à coordonner leurs actions à travers le territoire algérien, et ce, bien qu'il ne dispose d'aucune structure syndicale. Loin de s'essouffler, la colère lycéenne, dont les mots d'ordre sont strictement pédagogiques, va certainement se poursuivre dans les jours à venir. En effet, les lycéens ont lancé un mot d'ordre de grève générale à compter de samedi prochain, si les pouvoirs publics ne donnaient pas suite à leurs revendications.
Se produisant dans un contexte de mécontentement social marqué par une série de conflits sociaux, l'intervention dans le champ sociopolitique des lycéens d'Algérie met le pouvoir algérien dans une situation bien délicate, et ce, à une année de l'élection présidentielle.